vendredi 18 septembre 2026

Maison Margarot : le mystère dévoilé ?

Cet artcle fait suite à celui du
16 septembre 2021 - Le Moulin des Pauvres de l'Hôpital

Qui l'a construite ? Pour quel usage ?

Une autrice (ce mot m'écorche les oreilles mais féminisation oblige) -Geneviève Monnier, enseignant-chercheur, tel qu'elle signe-, confidentielle et réservée aux spécialistes, a bâti un roman sur le sujet, rapporté par l'Associaton Maurice Aliger dans un de ses ouvrages et ayant servi de base au roman de Josette Clier pour le classement "Monument Historique".
Et par-dessus le tout un auteur publiant sur Internet (Wikipedia), qui reprend partie de mon article, notamment sur les dates.

Récapitulons : en 1769, Claude Vincent Granier est seul propriétaire du moulin, en 1776 (bail consulaire de travaux) c'est toujours un moulin, en 1790 (ultime révision du compoix de 1664 avant le cadastre révolutionnaire) le même Claude Vincent Granier est propriétaire d'une "maison neuve" ; il me semble ainsi logique d'écrire que c'est lui qui l'a fait récemment construire.
La date de construction ne peut donc pas être 1745, Anthoine Gilly ne peut pas l'avoir achetée en 1772 pour son mariage et Philippe-Laurent de Joubert n'a rien à faire dans ce bâtiment (voir mon article éponyme du 1er juin 2023) ; Josette Clier et ses précédents sur qui elle a copié *ont donc tout faux*.
Aucun n'a pris la peine (manque de curiosité ?... négligence ?... paresse ?...) d'aller voir *les bons livres* (compoix de 1664, délibérations consuaires) pourtant disponibles aux Archives Départementales du Gard ; un comportement un peu *léger* quand on écrit pour publier et prétendre informer, ... ce me semble...

Tous reprennent la même antienne : la porte sur la rue de l'Herboux et l'escalier *d'apparat* ont été ajoutés, je pense lors de la transformation en habitation ; puis tous dévient en citant les événements survenus au 19è siècle dans la maison d'habitation.
Enfin tous dérapent en considérant que l'usage final après transformations (habitation) est la destination de la construction, *oubliant* leur interrogation première (une usine ?).

Reprenons : un bâtiment fait de pierres grises, austère, au bord de la rivière peut-être déja nauséabonde (voir l'argumentaire d'Auguste Maroger en 1845 au conseil municipal), sans dépendance d'agrément, .... une maison d'abitation ? ... je penche plutôt pour une usine, une *fabrique* comme on en construisait en cette fin de 18è siècle.

De quoi expliquer la disposition des êtres : sur la rue du Pont, une façade une entrée et un bureau d'apparat, pour impressionner le client, bureau fermé par une petite porte arrière, utilitaire, pour aller chercher la marchandise ; une *annexe* (l'angle sud-ouest dit "petite maison Margarot") pour servir d'habitation au *directeur*, censée être isolée des nuisances (bruit, vibrations) de l'usine par une construction *indépendante* et un mur double ; des logements ouvriers au dernier étage (les fenêtres carrées plus petites) ; et de grades salles nues pour installer les macines, amenées par morceaux et construites sur place.

Pour quelle industrie ? Je pense à une fabrique de bas de soie, intégrée depuis l'élevage des vers jusqu'à la vente du produit fini, et de culottes, comme on en portait pendant l'Ancien Régime.

Mais la Révolution, avec l'apparition des "sans-culotte" en pantalon, a créé un *ratage industriel*.

Claude Vincent Granier a donc *revu sa copie*. Il a transformé l'usine en maison d'habitation ; après avoir vendu la "petite maison Margarot", il a cédé la *grande* en janvier 1801 à Anthoine Gilly (la partie nord) et à Jean Joyeux (la partie sud), en décrivant soigneusement les possessions de chacun et, ainsi, la composition de la maison.

La "Maison Margarot" poursuivra sa vie sans lui.

Un ratage industriel... Trois, et demi, ratages *littéraires*... Aujourd'hui un ratage immobilier... Mais un bâtiment emblématique de Calvisson.